Rencontre au Bastion Tully

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(#) Jeu 9 Aoû 2018 - 16:46
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Les éclaireurs de la Maison Forrester, venait de rapporter le détail d'une embuscade manquée des Lannisters, sur celui qu'on appelait le Roi du Nord; Robb Stark.
Le Bastion des Tully avait tenu bon, dix huit mille nordiens étaient venus défendre le grand père maternel de l'ainé des Starks, et l'éclat de cette bataille était déjà chanté par-delà les Jumeaux, Vivesaigues et dans tout le Conflans.

Alienor, en tant que Banneret de la Maison Glover, ayant juré fidelité aux Starks, devait se présenter à son Gouverneur, et lui indiquait les événements sinistres qui s'étaient déroulés suite à la disparition du Grand Eddard Stark.

Il demeurait à ses côtés, quelques hommes puissants et influents de son feu Oncle Gregor Forrester. Conseillers et Maîtres d'armes conseillèrent à la Nouvelle Châtelaine et héritière de demander audience pour se faire reconnaître parmi ses pairs. En temps troubles, il était prudent d'effectuer ce genre de rencontre afin de légitimer un pouvoir fragile.

Alienor établit son campement en amont du Bois-aux-Murmures, envoyant un jeune page et deux guerriers porter une demande d'audience auprès du Roi du Nord. Dans sa tente, Alienor pour la première fois depuis son départ, prit place sur un confortable siège. Vingt cinq jours de montures rudes et pressées, par cette fin d'année; L'hiver encore présent ne rendait pas les choses plus faciles. La jeune femme resserra la fourrure autour de ses épaules, et s'assoupit en l'espace de quelques instants, espérant que la réponse à sa requête soit positive.

@Robb Stark
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(#) Mer 15 Aoû 2018 - 17:03
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L'après-midi était déjà bien avancé quand je finis par avoir un peu de calme et de temps en solitaire, deux choses qui semblaient m'avoir déserté depuis la mort de Père. Être un suzerain en guerre était déjà une chose complexe, mais mon couronnement avait encore empiré les choses. Je peinais à me montrer à la hauteur des attentes de mes vassaux et à aucun moment je ne pouvais me permettre de me relâcher. Il y avait bien trop en jeu pour cela, et mon inexpérience en matière de guerre et d'intendance faisait qu'ils étaient bien trop nombreux à attendre ma chute et à s'en délecter par avance. Aucune erreur ne m'était permise.

J'étais finalement parvenu à me trouver un moment de paix et j'en profitais pour manger un morceau, du pain et un peu de viande fumée, des rations de voyage afin de ne pas épuiser les vivres du Conflans, région déjà bien trop éprouvée par les troupes Lannister pour encore subir un pillage Nordien. Si je voulais gagner les seigneurs de la région à ma cause, je devais rester prudent et ne pas me comporter en conquérant. Mon grand-père était mourant, la situation de la région était fort instable. Port-Réal n'allait certainement pas en rester là.  

J'avais à peine entamé la première bouchée de pain quand on m'annonça l'arrivée d'un messager issu du Nord. Il semblait que dam Alienor Forrester désirait me rencontrer. Dans quel but, cela le page n'en avait pas été averti. Néanmoins, je pouvais deviner que le sujet de cette visite n'était pas anodin. Une dame qui voyage jusqu'à Vivesaigues, une contrée fort lointaine de celle dont elle était originaire, voilà qui était sujet à question, et annonciateur de troubles. S'était-il produit une catastrophe dans le Nord, une chose dont on ne m'aurait pas averti ? Il me fallait savoir. Je ne pouvais me retrouver avec une rébellion sur les bras alors que j'étais en guerre. Le page fut renvoyé à sa dame avec la promesse d'une audience dès qu'il lui serait possible de se présenter.

Une fois cette affaire réglée, je pus retourner à mon repas, mais toute faim m'avait déserté. Je décidai donc de m'aérer un peu, et de laisser Vent Gris se dégourdir les pattes en attendant que la dame Forrester ait eu le temps de venir se présenter. Quand je jugeai l'heure iminente, je rentrai à Vivesaigues. La pièce où j'attendais Alienor n'était pas bien grande, mais elle était confortable, une table, quelques chaises, et surtout des tentures aux fenêtres et un âtre qui ne refoulait pas la fumée. Il faisait moins froid ici que dans le nord, mais le temps n'était pas encore chaud, surtout à cette heure de la journée. J'avais également fait préparer une chambre pour la dame et un logement pour sa suite.

J'étais vêtu d'une tunique de cuir et de braies de la même matière, l'idéal quand on doit porter une armure rapidement, et Vent Gris était couché dans un coin de la pièce, au repos maintenant, les restes d'un lièvre déposé entre ses pattes.

J'étais en train de trier des cartes du Conflans – toutes différentes et aucune à la même échelle, sans doute crées par des personnes bien différentes à des époques différentes – quand on frappa à la porte avant qu'Olyvar Frey, l'écuyer aux oreilles décollées dont m'avait affublé lord Frey, n'annonce la présence de Dame Forrester. Je reposais mes parchemins en un tas presque correct en lui répondant, « Fais-la entrer. »



HRP: pardon pour le délai
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(#) Mer 15 Aoû 2018 - 17:30
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Une langueur inquiétante s'était prise du sommeil d'Alienor. Troubles furent ses rêves, d'étranges batailles pas encore passées défilées devant ses paupières closes, Le nord portant la bannière des Ecorcheurs, un corps humain à tête de loup, un banquet pourpre. La jeune Forrester se réveilla en sursaut manqua de trébucher au sol. Elle passa une main tremblante sur son front parsemé de perle de sueur, et reprit son souffle avec difficulté. Quelques instants plus tard, elle reçu son messager lui indiquant que le Roi du Nord, acceptait sa demande d'Audience. Soulagée, elle le fit congédier pour qu'il aille se restaurer.

Elle se devait être présentable, Ce n'était pas tous les jours d'un Souverrain la recevait. Sans perdre une minute, et ni avertir ses suivantes, elle prit la direction, d'une des nombreuses rivières nées de la Ruffurque. Discrètement, elle se débarrassa de son habit de voyage, et de l'armure dont elle s'était vêtue en vertu de son genre. Elle plongea dans l'eau glacée, qui manqua de lui couper le souffle. Elle ne put tenir plus de cinq minutes dans l'eau, et ressortie aussi tôt. Trempée, et surtout bien éveillée. Alienor retrouva sa tente sans encombre.

La jeune Forrester noua ses cheveux en une couronne de tresses, s'habilla d'une robe au velours noir et aux motifs pâles presque blancs évoquant les ramures du symbole de sa maison un Ferrugier. Elle se saisit d'une de ses fourrures de Loup, et de l'épée d'Ironrath, appelé par le fondateur de la maison Iron's tears. Maintenant qu'elle était prête, et s'avança jusqu'à la demeure des Tully, Vivesaigues. Parmi un dédale de couloir, on invita la jeune Dame a rejoindre son Roi dans une pièce isolée et plus chaleureuse que le reste du Château.

- Dame Forrester, Héritière et Châtelaine d'Ironrath Monseigneur, annonça un jeune écuyer, aux oreilles disproportionnées.

Alienor d'un pas discret et prudent s'avança pour découvrir le Roi du Nord, le jeune Loup. Robb Stark.
Dans la fleur de l'âge, éblouissant par ses boucles brunes et sa beauté, que l'on disait hérité de sa mère. Son air emprunt de justice et d'honneur que lui avait offert Ned Stark. L'ainé du Nord était bien plus beau que toutes les histoires rapportées. Impressionnant également. Jeune aussi, ne put s'empêcher de penser la Forrester. Avec respect, elle s'inclina devant lui, interrompant sa description.

- Monseigneur, Merci de m'accorder audience en ces temps troubles, souffla t elle avec émotion.

HRP : Pas de soucis , j'ai patienté, et cela en valait la peine Very Happy
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(#) Mer 15 Aoû 2018 - 22:13
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La dame qui franchit le seuil de la pièce était ravissante, ses cheveux aussi sombres que sa tenue et son teint aussi pâle que les motifs brodés, motifs qui n'étaient pas sans rappeler les branchages des arbres Forrester. Et pour compléter sa tenue et renforcer sa position d'émissaire sans doute, elle portait son épée au flanc. Je jetai un oeil en direction de Vent Gris, mais le grand loup restait calme. Il avait ses têtes et le pauvre Olyvar n'en faisait pas partie, malheureusement pour lui. D'ailleurs, il s'empressa de refermer la porte une fois la dame à l'intérieur, alors que la bête n'avait fait que tourner la tête dans sa direction. Pleutre. Je la laissai s'avancer de quelques pas et me saluer avant de lui rendre la pareille, en inclinant légèrement la tête dans sa direction en signe de respect,

« Ma dame, c'est un plaisir de rencontrer une concitoyenne aussi loin des frontières du Nord. »

Un très léger sourire ornait mes lèvres alors que je la saluai, c'était vrai, j'étais heureux de voir une nouvelle tête et féminine de surcroît après tant de jours passés en selle à guerroyer. Mais le temps n'était pas au badinage, aussi je repris bien vite mon sérieux.

« Soyez la bienvenue à Vivesaigues lady Forrester. » D'un geste, je l'invitait à s'asseoir alors que je faisais de même dans un siège face au sien. Une fois qu'elle fut installée, je ne perdis guère de temps à attendre avant de continuer, « Je suis curieux de connaître la raison qui pousse une dame de votre rang à courir les routes en temps de guerre alors qu'elle aurait pu aisément envoyer des émissaires à sa place ? » Sans doute aurais-je du lui demander si elle avait fait bon voyage, si les dangers de la route et la fatigue n'avaient pas été trop grands, mais je me devais de savoir si mon retour au pays se solderait par une dague dans le dos de la part de l'un de mes vassaux ou si j'aurais une rébellion à combattre une fois rentré. Sans compter l'arrêt des convois de vivres nécessaires à une armée...  « Pardonnez-moi si je parais empressé, mais es nouvelles du Nord sont bien trop rares et lapidaires pour que je puisse m'en satisfaire. Que se passe-t-il dans le Nord et à Ironrath ? »

Doigts croisés sur ma table de travail, j'attendais et je craignais les réponses qu'elle pourrait me donner... Je ne pensais pas à une catastrophe à Winterfell, de cela j'en aurais entendu parler... à moins que tout le castel ait été décimé, ce qui semblait fort peu probable.
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(#) Jeu 16 Aoû 2018 - 0:10
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La voix claire et fier du Souverrain éveillait en la jeune Forrester tant de choses différentes. De la ferveur, de la passion, et peut être une autre sensation. A chaque parole, on oubliait la jeunesse du Stark, et on ne voyait que la fougue et la détermination, des qualités qu'Alienor appréciait. Elle se remit bien vite de ses émotions, prenant place sur la chaise que le Roi lui avait indiqué.
Envoyer des émissaires, impossible.

Elle ferma un instant ses paupières, se remémorant la journée en question.
L'aurore pointait le jour, sur la forteresse d'Ironrath. Fraîche et claire, elle fit frissonner la peau de la jeune femme sous ses couvertures. L'âtre du feu était sombre, quelques braises subsistaient. Elle s'éveilla doucement, il était tôt. De temps en temps, le sommeil s'évanouissait sur les premières heures, et Alienor était debout bien avant tout le monde. La jeune femme quitta son lit, attrapant un châle pour couvrir ses épaules nues, et partit en quête de quelques mets pour déjeuner. Alors que ces pas la menèrent jusqu'aux cuisines, le silence du château la fit douter. Ou était Gredaih ? Jan ? Elle ne les avait pas croisés en venant jusqu'ici. Soudain, elle sursauta. Un corbeau ? L'oiseau cognait contre l'une des fenêtres de l'office du Mestre. Alienor tendit la main, et récupéra le message. Elle l'ouvrit avec une angoisse jusqu'alors inconnue.

" Eddard Stark est mort. " furent les mots assassins inscrits sur le parchemin. La jeune femme manqua de tourner de l'oeil. C'était impossible. Le gouverneur, la main du Roi. Vite son Oncle, Ironrath avait toujours été isolé en matières de nouvelle, sans aucun doute, que le reste du Royaume devait être au courant depuis plusieurs jours. Elle se mit à courir à travers le château, à la recherche de son seigneur. Elle toqua à la porte, timidement, puis fortement, avant de se mettre à tambouriner comme une furie. Elle poussa la lourde porte pour découvrir. Son oncle et sa tante encore dans leurs lits la gorge tranchée.

- AU MEURTRE ! hurla t elle, dans la demeure. Les domestiques des dépendances voisines accoururent, les gardes également. D'autres cris retentirent, les enfants aussi avaient perdus la vie. Alienor s'effondra, en larmes. Sa maison était en ruine, son coeur marqua un arret. Les jumeaux Forrester avaient passer la nuit, chez leur tante. Quand à elle, personne n'aurait pu savoir qu'elle resterait au château, encore moins qu'elle passerait la nuit dans la chambre de celle qui fut sa nourrice. C'est ainsi que les Forrester furent massacrés, et que les Whitehill signèrent là, leur pire félonie.

Les brumes du souvenirs disparurent. Et Alienor reprit conscience du moment présent.

- Ironrath a perdu son Seigneur. Mon feu Oncle, ma tante et quatre de leurs enfants ont péris, assassinés dans leur propre demeure. Les Whitehill, ont de nouveau fait couler le sang. Ils se sont accaparés certaines de nos terres, et convoitent le château pour s'y établir. Talia et Ryon sont sous la protection de ma mère. J'étais sur les lieux, et fut témoin du carnage, j'ai rassemblé les plus fidèles partisans de mon Oncle, et sans plus attendre quitter ma demeure. En tant qu'héritière légitime et châtelaine nommée par Lord Forrester, je suis le dernier obstacle à leur ambition. Je suis partie dans le sud pour chercher soutient et reconnaissance. J'ai besoin d'hommes et de justice pour reprendre Ironrath et punir ces Chiens. C'est pour cela que je me présente à vous, Mon Roi. Aidez moi, Aidez ma maison, aussi humble soit elle, Je vous serez, pour toujours dévouée.

Sa voix se brisa, telles les vagues languissantes sur le sable rayonnant. L'émotion aveuglée son regard sombre et fier.
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(#) Jeu 16 Aoû 2018 - 7:47
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Alienor parut perdue un moment, alors que je lui demandais la raison de sa présence en ces murs. Assis sans bouger, je l'écoutai conter ses mésaventures et mon sang se glaça sous ses paroles. Meurtres et trahison, loin d'ici mais bien chez moi. Si ce qu'elle venait de me dire était vrai, elle ne pourrait rentrer chez elle sans une armée pour y mettre de l'ordre. Et il y aurait des têtes à faire tomber, également. Lord Glover, son seigneur lige était présent sous mes bannières, mais c'était moi qu'elle était venue trouver, pourquoi ? Il m'aurait été tellement plus simple d'ignorer cette tragédie et la laisser régler par d'autres. Néanmoins, mon regard laissait transparaître ma sympathie pour cette femme qui avait perdu sa famille. J'en connaissais trop bien le sentiment, même si Joffrey ne m'avait pris que mon père, la douleur était immense. Je pouvais aisément comprendre sa colère et sa soif de vengeance. Je rêvais de pouvoir simplement lui accorder ce qu'elle désirait. Si je n'avais été que suzerain du Nord, je l'aurais sans doute fait sans tergiverser.

Mais j'étais roi, et j'avais une guerre à mener. Je soupirai, ramenai mes mains sur mes jambes et me redressai avant de chercher son regard.

« Ma Dame, veuillez recevoir mes condoléances pour vos pertes... » Pourquoi étais-je roi, et non simple seigneur, ou mieux encore, héritier de ma Maison et Père siégeant à la place qui était la sienne ? Pensées futiles que celles-là, mais que je ne pouvais empêcher d'affluer à certains moments. « ... Les accusation que vous portez là sont fort graves. » ... et c'était une chance que j'avais préféré un entretien privé à une audience publique... voilà qui aurait créé des dissensions dont je me serais bien passé... même si rester discret n'était pas non plus la panacée... il faudrait régler cette affaire au plus vite. Si les Maisons pensaient pouvoir régler leurs comptes alors que j'étais en campagne, il faudrait étouffer cette notion dans l'oeuf, avant que cette idée ne se répande et que des flots de sang ne noient le Nord. « Seriez-vous prête à jurer de vos paroles devant un barral ? » J'avais quelques Whitehill, fort peu il était vrai, dans mon armée, et le seigneur était resté sur ses terres, indisposé au moment du départ de l'ost pour le sud. Avait-il planifié tout ceci depuis si longtemps ? Ou bien était-ce un vulgaire opportuniste ? Je me levai de mon siège, soudain incapable de tenir en place à cette idée. Je me dirigeai vers l'âtre et me saisis d'un tisonnier pour raviver un peu les braises avant d'ajouter une bûche sur le feu. Je me retournai vers elle pour lui demander, « Je suis navré de devoir vous faire revivre ces événements et de raviver votre chagrin ; mais je dois connaître exactement ce qu'il s'est produit... Ceux qui ont massacré votre famille portaient-ils leurs armes sur leurs vêtements, Ont-ils scandé leur devise pendant leur forfaiture ? »

Je répugnais à l'idée de devoir passer jugement sur des hommes que je pensais loyaux, mais j'y étais forcé, malgré tout. La loi était la loi. Ce qui n'empêcherait pas les dissensions au sein de mes troupes quand ce fait serait connu... et connaissant Olyvar, ils seraient bientôt nombreux à savoir qu'une dame Forrester était présente ici, même si la raison en restait obscure. Je n'avais guère de temps pour agir et décider quoi faire. « Lord Glover est-il au fait de vos pertes ? » Car si le seigneur savait et ne m'en avait rien dit... il se pouvait qu'il fasse partie des traîtres, lui aussi.
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(#) Jeu 16 Aoû 2018 - 9:05
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Alienor comprenait la position compliquée dans laquelle elle m'était son souverain. Cette affaire devait être réglée au plus vite, sans quoi le nord allait s'embrasser. Elle avait renoncé à faire justice soi-même, du fait qu'une telle traîtrise pouvait remonter dans les rangs les plus hauts. Et la couronne dans tout cela, serait justice pour cette affaire ou même, avait elle été l'investigatrice de ces meurtres. Alienor ne savait plus, devait elle prêcher le faux pour connaître la vérité..

- Mon oncle a eu la main tranchée, et comme vous savez l'emblème de la Maison Glover est un point rouge. Les hommes des Whitehill ont pour leur part, arborer leurs oriflammes sur trois de nos scieries en clamant que si cela dérangeait le seigneur " qu'il quitte sa couche et sa femme pour les chasser de ses terres." Malheureusement je n'ai que ces maigres preuves à vous apporter.

Elle demeura interdite un instant.

- Un autre élément à été rapporté a mes oreilles lors de mon voyage vers Vous Monseigneur. L'un de nos mestre a interrompu un corbeau parlant d'une demande d'exploitation de Ferrugier au nom de plusieurs Maisons dont les Boltons. Voilà pourquoi je me précipite à Port Réal, afin de rencontrer la guilde des marchands, eux seuls pouvant reconnaître le savoir faire des Forrester et Le Roi peut m'accorder le monopole du commerce et de l'exploitation.

Àlienor reprit son souffle, et se leva à son tour, déambulant dans la pièce avant de s'appuyer non loin de la cheminée, la chaleur de l'âtre la rassura un instant. Dehors, il faisait brusquement si froid et sombre que cela lui glaça le sang. Elle étouffa un frisson puis se pencha vers Robb.

- Pardonnez moi de vous apprendre des nouvelles si peu plaisantes, mais je devais me tourner vers vous, je suis venue ici, par peur.. De ne plus pouvoir vous rencontrer ailleurs. Songea t elle d'une voix mystique, une image de banquet sombre et sanglant lui apparu. Monseigneur méfiez vous de certains de vos bannerets.. Je vous en conjure.. Prenez garde. Elle avait effleurer sa main avec pudeur et inquiétude. Vivesaigues avait perdu son éclat et maintenant le château avait une ombre inquiétante au dessus de lui.
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(#) Jeu 16 Aoû 2018 - 13:43
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Ma main se crispa sur le manche du tisonnier alors que dame Alienor approfondissait son récit. Les Glover seraient de parti pris avec les Whitehill ? Cette femme avait-elle encore toute sa raison ou la perte de sa famille lui obscurcissait-elle le jugement ? Les armes Glover étaient un poing d'acier argenté sur champ écarlate et non l'inverse... J'avais emmené avec moi la plupart des hommes valides et seule demeurait une petite garnison à Winterfell. Pourquoi diable cette Forrester n'était-elle pas allée trouver Bran pour lui conter tout ceci ? Les documents relatifs à la possession, aux concessions et aux droits sur arbres et terres étaient tous à Winterfell ; bien rangés en attendant qu'on les consulte. Je ne connaissais pas tous ces détails par coeur et ne pouvais donc trancher clairement et franchement en faveur de l'un ou de l'autre, même si cette dame-ci me paraissait honnête... et séduisante, il fallait bien l'avouer. Mais elle n'avait pas dit accepter de jurer devant les Dieux... pouvais-je lui faire confiance ou non ? Je la fixai d'un regard acéré,

« Une main tranchée n'est pas une preuve,... »  Cela pouvait être une coïncidence... « Avez—vous copie de la missive de ce corbeau dont vous parlez ? Une liste de ces Maisons incriminées ? »  Si je ne pouvais plus compter ni sur les Glover ni sur les Bolton,... Cette histoire allait me coûter le tiers de mon armée sinon plus et si je me laissais aller à l'écouter, mes plus proches conseillers manigançaient contre moi, ... J'étais fort tenté de fermer mes oreilles et la renvoyer aux portes.

Je baissai les yeux sur la main de la dame, venue un instant effleurer la mienne. Son inquiétude était touchante, mais après ce qu'elle avait vécu elle semblait voir des complots partout. Je relevai les yeux après avoir reculé doucement ma main. Ses paroles me choquaient.  

« Vous, une Nordienne, espérez justice et amitié de la part de Joffrey ?! »  Impossible de garder pour moi mon incrédulité face à cette naïveté de la dame. « Pensez-vous sincèrement qu'il honorera une quelconque parole ? On dit qu'il avait promis d'envoyer Père au Mur, et qu'en a t-il fait ? ... Vous venez m'annoncer de terribles nouvelles, et le voyage a dû être fort éprouvant. Je vous remercie d'avoir fait le déplacement pour m'en avertir, mais vous auriez pu vous épargner cette peine et vous rendre à Winterfell, où mon frère siège. Il a accès à tous les documents juridiques et aux troupes qui permettraient de régler vos affaires. »  D'ici, je ne pouvais guère qu'envoyer un corbeau et espérer qu'il parvienne à Mestre Luwin afin qu'il éclaircisse ce mystère.

J'ajoutai d'une voix plus douce, une lueur fugace dans le regard,

« Vous n'avez pas à vous en faire pour moi. Mes bannerets me sont fidèles, c'est grâce à eux que j'ai gagné la bataille du Bois aux Murmures. Grâce à lord Bolton, à lord Glover, aux hommes qui se sont sacrifiés pour faire diversion pendant que nous attaquions par ailleurs. »  S'il y avait une conspiration, j'en aurais le fin mot, et Mestre Luwin enquêterait bien mieux sur place que moi ici. J'avais les mains pleines avec la guerre en cours. Je replantai le tisonnier dans une bûche de chêne sec près de l'âtre et m'écartai d'Alienor. Cela n'était pas très correct. Pas plus que de rester trop longtemps cloîtré seul avec une demoiselle. J'allai ouvrir la porte et demander à ce qu'on nous apporte un peu de vin aux épices, de quoi remettre la dame de ses émotions et lui remettre les idées en place je l'espérais. Sitôt Olyvar parti, je refermai la porte, pour aller m'asseoir à ma place.

« Je vais demander à Brandon de faire envoyer des troupes afin de sécuriser les scieries, et votre domaine sera placé sous la protection directe de Winterfell, en attendant votre retour et en l'absence d'autre héritier direct. »  Voilà qui allait certainement causer l'ire de Galbart Glover, mais sous mes yeux il ne pourrait guère qu'approuver, sous peine d'être accusé de trahison. Pour le reste... je peinais à croire tous mes vassaux traîtres et une seule dame à la Maison de piètre importance et presque éteinte qui lus était, fidèle par devers tout.

Olyvar frappa à la porte avant de pénétrer, un plateau chargé d'une carafe de vin chaud et de gobelets d'étain, ainsi que de gâteaux au miel et de raisin. Si je n'appréciais guère ses manières, je ne pouvais que dire qu'il essayait de faire son possible quand il le pouvait. « J'ai fait préparer une chambre à votre intention, ainsi que des logements dans les baraques pour votre suite.... »  D'un geste j'éloignai le garçon qui voulait servir les verres. Je n'avais pas envie d'oreilles indiscrètes et les siennes étaient bien trop grandes pour que je lui fasse confiance. « Merci Olyvar, tu peux nous laisser. »  Il eut l'air déçu, mais sortit sans un autre mot. La porte se referma derrière lui. Je versai moi-même deux gobelets et en tendis un à la dame,

« Pour le reste... »  J'hésitais. Je rêvais de chevaucher jusqu'à Port-Réal et d'aller décapiter Joffrey, Cersei et toute la famille Lannister. C'était déjà suffisamment difficile de devoir garder Jaime sous clé sans pouvoir le torturer un peu... Mais ce serait folie. Lord Karstark réclamait sa tête, le prix du sang, pour la mort de deux de ses fils. Mais il était le seul otage de valeur que nous possédions. De quoi peut-être changer le cours de l'histoire. Retrouver une vraie indépendance pour le Nord, venger Père et récupérer Arya et Sansa... Oh, comme je rêvais du jour où je pourrais rentrer à la maison, victorieux. Car si je perdais, je savais que je ne rentrerais pas. « Comptez-vous vraiment vous rendre jusqu'à Port-Réal ? »  Une idée germait dans mon esprit. Alienor pourrait-elle délivrer un message à Sansa ? Y aurait-il moyen de la faire s'échapper du Donjon Rouge, la faire passer pour une servante et Arya pour un page (elle aimerait ça!) dans la suite de la dame Forrester, et les ramener jusqu'à nous ? Elles me manquaient tellement! Ou bien un autre plan ? Cela serait sans doute trop évident... J'allais devoir réfléchir. Et beaucoup dépendait de la droiture de la femme qui me faisait face.
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(#) Jeu 16 Aoû 2018 - 15:57
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Alienor analysait les réactions diverses et variées du jeune Robb Stark. Bien entendue, elle n'était pas un de ses conseillers ou un bannerets de longues dates. Elle n'était qu'une dame ayant perdu sa famille, et réclamant justice. Quel poids faisait elle face à la violence masculine Nordienne.

- La missive est en lieu sûr et à votre demande, je la confierai à vos soins, souffla t elle. Alienor recula un instant, elle savait ce que ses paroles provoquaient, un questionnement sans fin sur la loyauté de tout un pays. Quand à sa requête envers la Couronne, ce n'était qu'une manigance parmi tant d'autres pour comprendre d'ou venait la réelle menace. Les assaillants avaient ils agis seuls ou la Couronne leur en avait donné l'ordre.

- Ce que j'attends de Baratheon n'est pas une réponse. Mais une direction, vers laquelle me tourner. Une piste sur laquelle me lançait. Insinua la Dame, en se redressant de toute sa hauteur. Elle libéra son épée de son fourreau pour la présenter au Seigneur du Nord.

- Ne pensez pas que ma condition me rend plus faible, ou sensible à suspecter mes voisins. Déclara t elle, d'une voix calme et froide. Ma maison n'a aucun intêret pour vous, nous n'avons pu vous offrir moins de 2000 hommes pour votre guerre. Notre valeur, c'est notre arbre. Les poutres de votre demeure sont des Ferrugiers, les boucliers, le bois des lances, les arcs du nord sont des Ferrugiers. Songez, que si j'attendais une réelle alliance de la Couronne, jamais je n'aurais pris le risque de m'arrêter pour vous rencontrer. Et c'est bien vous que j'ai choisi Monseigneur. On vous dit juste comme votre père, vrai comme l'hiver et incorruptible comme le temps. Je suis une femme du Nord avant tout, et comme vos hommes, je sais quand l'hiver vient. Si vous tombez sous les coups assassins d'un proche, ma maison disparaît avec votre corps.

Elle rangea délicatement son arme, avant de reprendre son masque d'impassibilité, essayant de passer outre l'impression dégoûtante d'avoir l'espace d'un instant était jugée telle une jeune veuve épeurée ne sachant plus faire la différence entre douleur et réalité. Elle prit avec détachement le verre que lui tendait le souverain, sentant le vin épicé lui réchauffer les narines.

- La chambre n'était pas nécessaire, j'ai pris l'habitude de dormir en tente près de mes hommes déclara t elle, consciente de l'attitude inhabituelle dont elle faisait preuve. Mais elle n'avait que faire, sa réputation était la dernière chose qui lui importait.

-Me rendre dans la Capitale est dans mes plans. Pourquoi ? Posa t elle simplement comme question. Le ton du Roi soulevait une question silencieuse, quelques plans se dessinaient sous son regard séduisant et intelligent.
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(#) Jeu 16 Aoû 2018 - 20:43
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Alienor finit par accepter de me confier des preuves matérielle, ce qui eut pour effet de me détendre un peu... même si cela causerait des ennuis sans fin si les documents prouvaient la culpabilité de plusieurs de mes bannerets...

J’acquiesçai du menton  avant de lui répondre,
« Bien. Il me faudra ces documents. » J'avais envie de lui en dire plus, mais les hommes ne passaient pas leur temps à se justifier. Ils décidaient et seulement si des questions étaient posées devaient-ils expliquer. Sinon on passerait son temps à cela. Une leçon apprise il y a longtemps de Père...  

Elle semblait penser (à raison) que je trouvais sa démarche vis à vis de cet chien de Joffrey fort cavalière et voulut s'en expliquer. Je ne m'attendais par contre pas à autant de formalisme de sa part. L'avais-je vexée ? Peut-être. Son épée ne m'effrayait guère néanmoins. Vent Gris veillait dans le coin de la pièce et il ne quittait pas la dame des yeux. Malgré tout, je trouvais son obsession à voir des traîtres et des assassins partout assez dérangeante, même si je n'en montrais rien. Je lui répondis d'une voix tout aussi solennelle,

« Lady Mormont est une des guerrières les plus féroces de mon armée, et une de ses filles fait partie de ma garde... » La garde qu'on m'avait procurée, même si j'avais eu quelques mots à dire sur sa composition, un fardeau de plus à porter, des moments de solitude encore réduits.
« Homme ou femme, nous sommes Nordiens, et quand vient l'Hiver tous ont à l'affronter. » Elle devait le savoir, aussi bien que les autres. Ils n'étaient pas comme ces gens du Sud, dont les dames périraient sans leurs époux à leur côté pour les nourrir. Les Nordiennes étaient capables, débrouillardes et courageuses, tout autant que les hommes.
« Je sais ce que nous apporte la Maison Forrester, et contrairement à ce que vous dites, vous n'êtes pas sans intérêt, ni sans valeur. Vos hommes ne sont peut-être pas des soldats de métier, mais il n'y a pareil bûcheron dans aucune forêt de Westeros. Vous avez chèrement et loyalement acquis le droit sur vos forêts de ferrugiers, et les avez entretenues depuis des générations. Je n'entends pas que ce privilège vous soit retiré, car j'y perdrais des alliés loyaux, et des artisans au savoir-faire unique.... » Devais-je lui parler plus amplement, lui expliquer les raisons de ma réticence quant à ses requêtes et à sa décision d'aller voir ce bâtard incestueux blondinet qui servait de roi à des pantins fleuris et noyés dans le parfum ? Peut-être pouvais-je me permettre de discuter franchement avec quelqu'un, quand personne n'était là pour observer, juger et cataloguer mes moindres faits et gestes ? Mais Alienor était là, elle. Que pensait-elle de moi ? Je ne voulais pas qu'elle croie que parce qu'elle avait dû rester au Nord, j'en avais oublié ma patrie, alors que j'avais la tête pleine de batailles dans le sud...
« Néanmoins... Si ce que vous me dites est vrai... Si des seigneurs aussi puissants que lord Bolton et lord Glover pensent pouvoir profiter de mon absence de Winterfell »... de la mort de Père. « pour alourdir leurs bourses et s'arroger ces privilèges... Si je les juge pour cela... eh bien, ma Dame, je risque fort de voir ma guerre terminée, mes soeurs captives et ma tête sur une pique avant que revienne l'Hiver... Voilà pourquoi je vous demande des preuves. Parce que nous sommes en guerre et que je ne peux condamner mes vassaux, des bannerets si puissants, sans être absolument sûr de leur culpabilité. Mais s'ils sont effectivement coupables, je ne peux les laisser sans punition, et subiront les conséquences de leurs actes. » La loi était la loi, même si parfois elle était fort dure. Mais un Roi, tout comme un suzerain, se devait de faire respecter la loi, sinon, il n'y avait plus que chaos, mort, et destruction.

Je bus une gorgée de mon gobelet, avant qu'il ne refroidisse de trop. J'avais beaucoup parlé, sans doute trop. Mais je ne voulais pas ternir ma réputation auprès des seigneurs restés au Nord, et de toute façon, chaque homme, ou femme, du Nord méritait mon respect, et un peu d'écoute.

« Prenez la chambre, de grâce, Mère ne me pardonnerait jamais d'avoir laissé une Dame dormir à la fraîche. » Bien que fraîche ne soit pas le terme qui convienne pour cette région un peu plus chaude que la nôtre, bien sûr. Mère n'était pas Nordienne, elle, et elle en avait gardé certaines particularités en ce qui concernait les dames et les devoirs des messieurs envers elles. Je ne tenais pas particulièrement à discuter de cette entrevue avec elle... Elle la trouverait inappropriée. Je reposai le gobelet et regardai la dame dans les yeux, aussi sérieux que l'on puisse l'être.

« Mes soeurs sont retenues comme 'invitées' au Donjon Rouge, comme vous le savez sans doute. J'aimerais vous confier une missive à transmettre à Sansa... Mais cela ne serait pas sans risque. La simple présence d'une Nordienne à la capitale risque de faire gorges chaudes, mais si vous le pouvez, cela me serait d'un grand secours. Aucun de mes hommes ne peut exécuter ce genre de mission, ... »  et tant qu'elles étaient otages, je ne pouvais me satisfaire de faire couler le sang du Régicide, même si j'en mourrais d'envie. Et lord Karstark autant que moi. Lui aussi méritait justice pour le sang versé. Tout serait payé en temps et en heure. « Et si vous appreniez d'autres secrets... Cela me serait fort utile, je vous l'avoue. Je comprendrais si vous refusiez. » Même si je le regretterais beaucoup. Je finis par baisser le regard un peu gêné par ma proposition de la mettre en danger.
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(#) Ven 17 Aoû 2018 - 12:43
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Bien qu'elle fut préparée à ce genre d'argumentaires voilées et prudents, elle se rendait compte de la tension et de la méfiance que chacune des réponses données, que ce soit par elle-même ou par le Roi, provoquait en eux. Elle soupira un instant, en écoutant parler de Lady Mormont. Fière famille, et des combattants comme personne n'en connaissait. Cela lui tira un bref sourire. Ne devait elle pas lui parler de ses rêves étranges qui la poussait à lui parler d'autant plus de complots. Par la foi des Sept, elle ne pouvait. Avant même qu'elle puisse lui expliquer quoi que ce soit, elle serait brûlée comme sorcière, ou pire encore. Cette pensée la fit brusquement frissonner. Elle devait avancer à pas prudent, et utiliser pour le moment la tragédie familiale pour éclairer le chemin de son Souverain, pour que celui avance et ne disparaisse point. Elle passe une main sur son front, presque fiévreux l'espace d'un instant. Toute cette situation la rendait malade.
Des preuves, cela prendrait du temps, mais c'était la seule option, pour que la confiance soit acquise et que le Seigneur du Nord comprenne la vrai nature de certains de ses compagnons.

De nouveau, il insista pour qu'Alienor occupe le château. Il est vrai que sa mère n'était pas du Nord, et avait gardé un sens du détail un peu plus délicat et appréciable que les Nordiens. Catelyn Stark, était une figure respectée dans son Bastion, et bien qu'elle ne le soit pas née, elle était l'incarnation d'une mère louve, son sens de la justice et du sacrifice était connue de tous. La jeune Forrester n'était pas habituée à tant de manières, mais accepta presque timidement. L'idée de demeurer dans la même demeure du Roi était étrange pour elle.

- Soit, j'accepte de prendre la Chambre, Monseigneur.

Puis, il parla du Donjon Rouge, et des filles Starks, il semblait presque embarrassé de demander une telle requête. Avancer en Capitale, transmettre des missives, écouter et rapporter des secrets. Bien des dangers à la cour des Lannisters. Alienor sentit quelque chose changer en elle. Le souvenirs d'un des rêves funestes et prémonitoires semblaient se brouiller et disparaître. Était ce le chemin qu'elle devait prendre pour acquérir la confiance du Beau Roi, et peut être le diriger vers une voix moins sanglante. Il fallait faire un pas vers lui, pour qu'enfin les troubles et suspicions dus à la guerre puisse laisser place à autre chose. La confiance, l'espoir.. Elle ne pouvait se permettre de rater cette opportunité. Respirant une nouvelle fois, prenant tout le courage qu'il lui restait, elle se décida à accepter.

- Monseigneur, en preuve de ma fidélité, et de mon honnêteté dans cette affaire. J'accepte votre requête... Elle marqua une pause. J'irais à la Capitale.. Je prendrais donc le prétexte de mon affaire, qui sera traité avec justice par vos soins dans le plus grand des secrets, pour vous évitez de perdre hommes et batailles. Je demeurerais à la cour, le temps de vous informer sur vos sœurs, de me faire une place sans éveiller soupçons et acquérir le plus d'informations possibles. Dès qu'il sera possible, je quitterais le sud, avec Sansa et Arya Stark dans ma suite. Je le jure devant les Anciens et Nouveaux Dieux Termina t elle, sa voix mêlée émotion et respect, et peut être quelques tonalités de peur.
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(#) Ven 17 Aoû 2018 - 21:41
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Je hochai gravement la tête en signe d'approbation et un éclair de soulagement passa dans mon regard alors que la Dame acceptait de loger sous un toit plutôt qu'une toile de tente... Pour ma part, je savais que j'aurais encore assez de nuits à loger dehors pour ne pas rechigner à dormir dans un castel. Mère, et les autres seigneurs d'ailleurs, ne me penseraient pas un goujat, ce qui était une bonne chose. Je lui désignai le plat de gâteaux au miel et de raisins, afin qu'elle se sente libre de se sustenter si l'envie s'en faisait sentir. Personnellement, ses nouvelles m'avaient coupé la faim, mais il n'en allait peut-être pas de même pour elle. « Servez-vous, ma Dame. » J'avais envie d'ajouter 'rien n'est empoisonné' puisqu'elle voyait des complots partout, mais cela aurait été malvenu et fort peu poli de ma part.

Les idées me tournaient en tête, plus désordonnées les unes que les autres, et j'avais beaucoup de mal à formuler ce que je désirais vraiment... Comment risquer la vie d'une femme venue demander son aide ? Je me faisais l'effet d'un marchand plutôt que d'un seigneur, sans parler d'un roi...

La réponse d'Alienor me ravit, en même temps qu'elle m'emplit d'inquiétude. Je ne lui en demandais pas tant, même si l'espoir qu'elle accomplisse toutes ces tâches me réjouissait. Etait-elle capable de lire les pensées ? Voilà de quoi frémir... ou la faire rougir, pensais-je en l'imaginant un instant dévêtue avant de reprendre mon sérieux. Elle risquait sa vie, celle de ceux de sa famille qui vivaient toujours, aussi. Mais sa résolution me réchauffait le coeur autant que les épées frappant les boucliers lors de l'inspection de mes armées. Avec de tels alliés, nous ne pourrions que gagner. Je lui demandai en plaisantant doucement,

« Ma Dame, êtes-vous capable de lire dans mes pensées ? ... » Si seulement elle accomplissais ce qu'elle venait de promettre. Mais en attendant, « ... Je vous demande seulement de passer une lettre... Pour le reste... Il sera encore temps d'y penser quand vous serez Port-Réal. » Tellement de choses pouvaient mal tourner pour une Nordienne dans un tel endroit. « Je vous remercie pour votre aide bienvenue. » Je me levai et me penchai vers elle, lui tendant mon bras droit, comme le ferait un frère d'armes à un autre.

Il n'était pas simple d'imaginer ce qui se passait à la capitale, ni ce à quoi l'endroit ressemblait. J'en avais reçu des descriptions, mais tout cela m'était bien trop étranger pour pouvoir l'aider ou la guider d'une quelconque manière. Peut-être Mère en saurait-elle plus...

« Si vous désirez des informations sur la situation à la capitale, voyez avec Mère, c'est elle qui, dans ce camp, y est allée le plus récemment... à part pour quelques-uns de nos prisonniers, que je ne vous conseille pas de fréquenter. Dame ma Mère saura rester discrète.  » Mais jamais Jaime ne devait savoir ce que lady Forrester préparait, ni aucun de mes soldats, les langues trop pendues pouvaient faire autant de dégâts qu'une épée, dans ce genre de situation. Je détestais rappeler à tous mon âge, et mon inexpérience, je n'avais guère mis les pieds hors de mon Nord natal que pour naître à Vivesaigues... Le monde était vaste et bien plus étrange que je ne l'avais pensé en me mettant en selle à Winterfell. Mais toutes les informations qu'elle pourrait obtenir l'aideraient, je ne devais pas laisser mon orgueil précéder mes besoins, les besoins de ma famille. Je devais récupérer mes soeurs, et mettre à bas les Lannister, écraser la tête de Joffrey contre un rocher et jeter ses restes en pâture à Vent Gris... L'image était tellement agréable à envisager...
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(#) Ven 17 Aoû 2018 - 22:56
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Doucement l'atmosphère se detentit, la proposition de nourriture fut appréciée par la jeune Forrester, elle se saisit avec délicatesse d'un biscuit appréciant la délicatesse des épices et du miel. Puis il était mal vu de refuser le couvert, par temps troubles cela signifiait d'autant plus que le convive n'avait pas confiance en l'hôte. Et l'hospitalité était une règle bien définie dans le Nord. La jeune Forrester laisse un silence bienveillant s'installer entre eux deux, il fallait du temps pour ingérer les informations et la proposition faite et acceptée.

Alors qu'elle poursuivait son grignotage, elle manqua de s'étouffer. Lire dans ses pensées, ses joues prirent une couleur écarlate et malgré elle manqua d'imaginer une situation bien plus intime qu'une proposition de biscuit échanger autour d'une âtre flamboyante.

- Monseigneur... Si vous saviez.. Ajouta Àlienor en faisant référence aux rêves étranges ou elle voyait son souverain, quelque fois prémonitoires quelque fois fantasmés..

- Une lettre, à laquelle de vos sœurs ? Questionna Àlienor en essayant de changer de sujet, et surtout de pensées. Robb lui tendit son bras avec courtoisie, Àlienor frissonna malgré et avec douceur posa sa main pour rejoindre celle du beau roi.

-Je vous remercie pour l'aide de votre mère.. Susurre t elle, avec un sourire timide, la proximité réduite de leurs corps sembla augmenter la température de la pièce.

- L'une de mes nièces était dame de compagnie de Lady Tyrell, cela peut être un bon départ pour justifier ma présence et accéder à votre sœur Sansa. Alienor songea que cette proposition pouvait déjà couvrir les arrières de la Forrester et rendre la cour moins méfiante à son égard. Si elle était capable de s'assurer d'un potentiel soutient des Tyrell, cette grande famille qui régnait sur les réserves du Royaume, Alienor était assurée d'entrer dans la cour, avec les honneurs.
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(#) Sam 18 Aoû 2018 - 8:02
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Elle ne pensait pas à complot, puisqu'elle se saisit de nourriture sans hésiter. Je voulais plaisanter (à demi, car sa perspicacité m'avait impressionné) quand je lui avais demandé si elle lisait les pensées, mais sa réaction me fit douter... Etait-ce possible ? Ces joues rouges... Avait-elle vu ce que j'imaginais un instant plus tôt – sa personne nettement moins vêtue... ? Ce fut mon tour de rougir de honte.

« Si je savais... ? » Ma voix était basse, à moitié taquine, à moitié inquiète. Qu'allait-elle penser de moi? Et si elle était vraiment capable de lire les esprits, qu'est-ce qui allait sortir de cette salle ? N'avais-je pas déjà trahi des plans sans m'en rendre compte ? J'aurais voulu lui dire de ne pas répéter ce qu'elle avait lu en moi... mais cela m'aurais rendu ridicule si elle n'en était pas capable... et si elle le pouvait, alors elle pouvait également fort bien avoir été envoyée ici par des ennemis. Autant qu'être venue de bonne foi. Quel sac de noeuds ! Comment savoir ?

Mais elle paraissait tout autant embarrassée que moi et changea le sujet, de manière bienvenue. Je me raclai la gorge.

« Une lettre pour Sansa. » Je doutais qu'Arya soit intéressée par des mots sur une page, et elle était encore jeune pour comprendre pleinement le sens du mot guerre, même si ses récits favoris en comportaient toujours... et des deux, je pensais pouvoir dire qu'il serait plus difficile de convaincre Sansa de revenir, plutôt qu'Arya qui n'avait déjà pas voulu quitter Winterfell. Qu'il serait doux de les revoir... Mais pas encore. Dame Alienor avait encore beaucoup de chemin à parcourir avant d'arriver à Port-Réal, et bien plus encore pour le retour, même si, dans l'intervalle, j'aurais sans doute avancé également avec mes armées. Mais contrairement à ce que bon nombre croyait, pas en direction de la capitale. J'allais commencer par nettoyer les Terres de l'Ouest, les purger de la présence des Lannister, avant de me diriger vers Port-Réal. De cette façon, j'aurais amplement assez d'otages (et d'occasions pour lord Karstark de faire couler du sang Lannister), même si personne ne remplacerait jamais Jaime, si ce n'étaient lord Tywin ou Cersei, dans l'ordre des meilleures prises.

Elle me remercia pour ma proposition d'aller parler à Mère, mais c'était logique. Ainsi, elle avait tout de même une maigre raison pour se présenter à la cour, et possiblement une protectrice... Si Lady Tyrell était satisfaite du service de cette nièce. Un bien piètre boulier, mais mieux que rien quand on va au combat. Par contre... Nous étions peut-être restés trop longtemps cloîtrés ensemble. Vent Gris s'était mis à gronder doucement en direction de la porte. J'élevai la voix, et pris un ton nettement moins cordial, « Olyvar ! Vas donc nous chercher de la viande, du pain et du beurre. » Il faudrait que j'explique à mes gardes que mon écuyer n'avait pas à écouter aux portes, quand bien même il tenterait de le justifier par son emploi... « Et referme la porte derrière toi. » Si seulement je pouvais changer d'écuyer, me trouver un Nordien capable et débrouillard... et moins curieux que celui-ci... Mais j'avais donné ma parole et ne pouvais m'y dérober. Il était très difficile de ne pas soupirer. Je trouvais un petit sourire d'excuse pour la dame. « Il nous laissera tranquille un moment, je l'espère. » La laiterie se trouvait à l'opposé de la boucherie...

« Je vous remercie pour votre aide. Sansa parvenait à lui fournir des lettres... des torchons dictés par la reine... je n'ai aucun contact direct avec elle. » Au fond de moi, je craignais qu'elle ait embrassé la cause de Joffrey, et abandonné sa famille. J'espérais qu'avec un moyen de correspondance discret je pourrais découvrir ce qu'il en était vraiment. Je me rassis et me sais de mon gobelet pour en boire le contenu, déjà tiédi. Je remplis ma coupe après avoir ajouté du liquide rouge à celle de ma voisine.

« Faites au plus vite, s'il vous plait. Je vous donnerai le courrier demain matin, et assez d'argent et de vivres pour parvenir à la capitale. Mais là-bas, je ne puis plus rien... » Je me dirigeai vers la porte e l'ouvrit, pour découvrir mon écuyer essayant de jongler avec un plateau et une poignée de porte, sans vraiment y arriver. « Merci. Maintenant tu peux aller panser mon cheval et graisser ma selle, elle en a grand besoin. » Je me saisis du plateau et refermer l'huis sur son nez. Le grand loup me regardait et semblait sourire. Je m'arrêtai sur mon chemin pour le caresser un instant, ce compagnon infatigable, cet allié plus proche parfois que ma propre famille... Je me relevai pour déposer le plateau sur la table.

« Je ne sais combien de temps nous resterons à Vivesaigues. J'attends des rapports de mes éclaireurs. Quelle route prendrez-vous pour le départ ? » Afin que je n'attire pas la guerre et donc les armées Lannister sur son chemin. Je ne pouvais rester trop longtemps au même endroit. Une armée sans guerre était une bande de bandits prête à s'envoler. Je devais les occuper et les empêcher de profiter de trop du pays. Il me fallait trouver une nouvelle bataille, bientôt.
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(#) Sam 18 Aoû 2018 - 8:50
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La Nordienne se mordit la lèvre d'en avoir presque trop dit, la pièce ayant gagner quelques degrés depuis leur premier échange, elle se sentit plus à l'aise après avoir ôté la fourrure couvrant une partie de sa gorge. Doucement, son verre se vidait à son tour. Cela faisait presque un mois qu'elle n'avait pas apprécié un repas de cette qualité, du vin et un feu étaient l'image qu'elle avait d'un foyer. Les jours passaient à voyager, lui permettaient de jouir de ce moment plus qu'elle ne le pensait. Elle ferma les yeux l'espace d'un instant imaginant la chaleur des flammes sur ses joues, la quiétude d'une maison aux murs solides résistant à l'hiver, et la voix du Stark lui parlant d'autres choses que de guerre et complots. Alienor se perdit même à sortir tant bien que la vision la ravissait.

Le jeune Roi aborda le sujet du futur départ pour les terres de la Couronne. Une missive pour la plus âgée des soeurs. Une lettre était un bien grand sujet, faite de mots et de parchemin, elle faisait tomber les Rois et les traîtres, son porteur était toujours le premier perdu. Mais soit, elle était une femme, et bien des moyens étaient possibles pour cacher un si petit bout de parchemin. Alienor devait prendre cette voix, partir dans le sud, clamant réclamer justice et demander amitié pour sa maison. Les Lannisters ne seraient que ravis de voir se profiler à l'horizon une route commerciale vers le Nord. Avant toutes choses, et pour soi-même la Forrester devait découvrir de quelle bouche l'ordre avait été il donné. Les lions avaient ils des vassaux dans le Nord ? Tentaient ils, aux travers de vieilles rancunes, de couper toute retraite pour le Roi Stark. Les Boltons, pour qui ces chiens, mordaient ils.

En parlant de chien, le grand loup du Roi se mit à Grogner aussi tôt Robb aboya quelques consignes à son étrange page, qui devait sans doute appartenir aux Frey, en vue de charisme poisseux. Pauvre enfant, soupirais-je avant d'être prise d'une sensation désagréable. Les Frey.. Quelque chose n'allait pas avec cette famille. Un arrière gout tannique emplit la bouche d'Alienor, qu'elle fit disparaître en reprenant un peu de vin mielleux. Le jeune Roi, lui indiqua que l'écuyer sera éloigné pendant un bout de temps. Une nouvelle fois la perspective de passer une nuit à boire, manger, discuter et bien d'autres choses avec lui, fit rougir la jeune Dame. Elle devait se reprendre avant que sa langue se dérape, et qu'elle ne tienne des propos bien plus scandaleux, que des complots contre la couronne du Nord.

- Je vous en prie. Je n'ose imaginer la situation de votre soeur. Seule entourée d'ennemis, un allié et des nouvelles de son frère lui rendront espoir, tenta Alienor de rassurer, peut être en vain, le frère inquiet qu'elle venait d'apercevoir dans le discours de Robb. La Dame aux cheveux corbeaux, ne pouvait qu'imaginer une relation entre frères et soeurs, enfant unique, elle s'était occupée de ses neveux et nièces avec l'affection d'une seconde mère, mais la complicité d'enfants ayant grandis ensemble ne la connaissait pas vraiment.

Elle réagit au plus vite quand il lui proposa d'offrir vivres et argent pour voyager vers la Capitale.
- Monseigneur, les vivres seront bienvenues, commença t elle se souvenant qu'une requête refusée commençait toujours par un compromis. Mais l'argent n'est pas un problème, Mes moyens sont suffisant pour que je puisse vivre sans ternir mon rang. Gardez vos comptes pour la guerre, suggéra t elle, ne souhaitant pas ajouter aux poids de ses confidences, un trou dans les finances du Nord.

- Il m'a été rapporté que des troupes Lannister se trouvaient non loin d'Harrenhal, j'y ferais route, pour m'assurer dès que possible, un voyage sous la protection de la Couronne, et justifier ma présence. Songea la jeune Forrester, plus elle était vue chez les Lions, mieux son accueil serait chaleureux. Elle devait jouer avec le feu, le temps du voyage pour s'assurer que le reste ne soit que badinage et jeux de dames à la cour. Si on pouvait compter sur les campagnes pour se faire briller, Alienor comptait sur les hommes fatigués et battus des Lannister pour raconter hauts et forts, qu'une Dame du Nord était venue demander de l'aide aux Lions.

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(#) Sam 18 Aoû 2018 - 13:55
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Olyvar était gênant, et Walder Frey avait largement profité de sa situation et de son avantage... Mais pouvais-je l'en blâmer ? La décision de rassembler l'ost et de partir en guerre avait été mienne, et si je n'étais pas prêt à en payer le prix, je méritais de perdre. Dans les jours qui avaient suivis mon couronnement, j'avais également réalisé une chose : la couronne aurait pu tenter d'apaiser un vassal courroucé par la mort d'un des siens, mais elle ne pourrait tolérer un rebelle, sous peine de voir d'autres royaumes se désolidariser de Port-Réal. Les Lannister essayeraient donc de faire un exemple de mon cas, s'ils le pouvaient. J'avais pour l'instant plutôt bien réussi mon pari, mais jamais je ne pourrais rentrer perdant dans mon fief, je le savais. Et si je tombais, tout le Nord tomberais également, y compris la belle dame devant moi.

Le vin devait lui monter à la tête, elle venait d'ôter une de ses fourrures...et je pouvais noter que sa robe lui seyait drôlement bien. Je détournai les yeux pour arrêter de penser à ce qui ne serait jamais mien, quand Vent Gris se mit à gronder et je m'occupai d'Olyvar... Cet écuyer... !

Il obéissait sans doute aux consignes de son parent, et je ne pouvais me résoudre à le battre... pas sans preuve qu'il révélait des informations sensibles, alors que c'était peut-être simplement de la curiosité, mais lord Frey aurait pu trouver un gamin moins envahissant.

« Vous risquez votre vie, votre Maison, pour la mienne. Je ne l'oublierai pas. » Que dire de plus, alors qu'elle détaillait la situation de Sansa, et d'Arya aux mains des gens du Sud. J'étais dégoûté de ne pouvoir les aider, les protéger comme c'était mon devoir. Honteux également. Tout ce que je pouvais faire c'était de guerroyer assez vivement et de gagner, afin que nos ennemis soient forcés de nous les rendre. Une part de moi redoutait une quelconque basse vengeance de la part des Lannister. Ces gens étaient bien trop fiers pour leur propre bien. J'en avais eu un aperçu lors de la visite royale à Winterfell...  

« Comme il vous plaira. Mais je tiens à vous faire présent de montures fraîches. » Elle arriverait ainsi plus rapidement à destination. Je ferais demander des bêtes endurantes mais qui, au premier abord ne sembleraient pas valoir beaucoup, et surtout, des bêtes nordiennes, afin que le récit de sa fuite vers le sud reste crédible.  

« J'ai moi aussi entendu parler de cet endroit comme d'un campement important. Prenez garde à vous néanmoins. » Je calculai mentalement les vitesses de marche de la dame comparée à celle de mes armées, et aux mouvements possibles de lord Tywin. J'attendais encore quelques troupes qui devaient revenir après que nous nous soyons scindés pour le Bois-aux-Murmures... combien reviendraient, les dieux seuls le savaient ! Mes éclaireurs mettaient trop de temps à revenir pour mon confort. « Votre idée est bonne, mais risquée... » Tous les chemins étaient sombres et risqués en ces temps de guerre. « Votre escorte est-elle suffisante ou bien avez-vous besoin de plus d'hommes ? » Je ferais demander des hommes de son domaine pour l'accompagner afin de ne pas sembler trop étrange aux courtisans ou autres soldats qu'ils pourraient rencontrer... encore que je ne sois pas certain qu'un Sudien sache faire la différence entre deux Nordiens... Et que trop d'escorte puisse là encore ruiner les efforts de secret de la dame.  

« Est-ce votre première visite dans le Sud ? »
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(#) Sam 18 Aoû 2018 - 14:12
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Malgré le refus des ressources, Àlienor conceda à accepter de nouveaux chevaux, frais et dispos. Le voaage serait plus court et plus vite elle serait à la capitale, moins la tâche serait ardue.

- Fort bien, j'accepte votre proposition, de nouvelles montures nous serons utiles.

Harrenhal était la plus grande forteresse des Conflans, sinistre de réputation, on la disait imprenable. La jeune femme espérait que les drames familiers de cette demeure l'épargnerait le temps de son voyage. L'avantage qu'avait la Forrester était celui de l'anonymat. Sa maison avait toujours été isolée aux yeux de la couronne baratheonne. Elle n'avait pas à jouer un rôle mais bien à le composer. Prétendre, pour exister. Allait elle s'aliener pour un jeu de Trône. Perdait elle son âme pour une vengeance et un beau cœur. Tant de questions la torturer en si peu de temps. Que le voyageur ne la prenne pas trop tôt, qu'il lui laisse le temps d'aider sa maison, son pays. Et son Roi..

- Mon escorte est suffisante, je suis accompagnée d'hommes de confiance qui connaissaient autant la guerre que la cour, rassura la jeune dame. Elle avait presque envie d'y voir une certaine attention. Un peu de personnel pour la rassurer, quelque chose pouvoir faire taire la peur de son cœur et ses rêves d'hiver éternel. Un devoir comme un amour d'un pays où d'un... Elle s'interrompt. Elle avait un vague souvenir d'un long voyage mais elle n'était qu'une enfant.

- Je n'y suis allée qu'une fois et j'étais bien trop jeune pour en récupérer quelques souvenirs. Depuis je n'ai jamais quitter Ironrath.. Jamais le nord. Soupira t elle, c'était presque un au revoir. Elle ne souhaitait qu'une chose, si elle avait d'y revenir ce serait victorieuse.
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(#) Sam 18 Aoû 2018 - 21:00
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Je fus soulagé qu'elle accepte les montures... Son entêtement à n'en faire qu'à sa tête m'effrayait un peu quant à sa survie, mais il me rassurait sur le fait qu'elle tenterait tout ce qui était en son possible pour passer la lettre... et peut-être plus.

Elle jugeait son escorte suffisante, de cela je ne pouvais être certain, mais je savais aussi que la forcer à s'encombrer de plus d'hommes ne l'aiderait peut-être pas sur le long terme. Même si cela m'aurait grandement rassuré. Les dangers de la route, les brigands, la météo, la guerre...

Elle avoua n'avoir jamais quitté le Nord, ou presque. Cet aveu la fit paraître bien fragile et je m'interrogeai sur la sagesse de ma décision de l'impliquer directement dans ce conflit. Mais si je voulais gagner je devais endurcir mon coeur et accepter que certains risquent et perdent la vie. Je l'avais vu dans les batailles, et pire, dans la diversion que j'avais orchestrée afin de tromper les Lannister. Cela avait fonctionné, mais à quel prix ? Je lui aurais bien pris la main pour tenter de la rassurer, mais le geste aurait été malvenu et déplacé, qui plus est. Je n'avais que des mots creux à lui offrir en réconfort, et la guider vers Mère pour qu'elle en apprenne un peu plus. Mais c'était tellement peu...

« Quand vous serez à la capitale, souvenez-vous ; le Nord perdure et endure, quoi qu'il en coûte. Votre volonté est aussi solide que vos arbres, je suis convaincu que vous parviendrez à remonter à la racine du complot contre les vôtres et à persuader les marchands de ne faire confiance qu'à vous seule. »  Je ne pouvais rien lui donner de plus. Tout cadeau aurait pu être pris pour ce qu'il était si elle se faisait prendre à un moment de son chemin : une espionne, avec sur les preuves de son accusation. J'allais devoir me montrer fort circonspect dans le choix de mes mots, et dans la signature au bas de page...peut-être y adjoindre un des mouchoirs brodés par Sansa, cadeau pour mon anniversaire, afin qu'elle sache de qui venait le mot sans y mettre de nom ?

Je m'approchai de la fenêtre et regardai la lumière décliner. Il ferait bientôt noir comme dans un four. De l'autre côté de la rivière, dans la prairie attenante au château se dressait mon campement. Des feux commençaient à illuminer les champs comme autant de vers luisants... Seule une partie de l'armée se trouvait là, bien sûr, mais leur vue me rassurait. Je gagnerais ! Coûte que coûte !  

Appuyé contre le bord de la fenêtre, je tournai la tête vers elle, « Il sera bientôt temps que vous gagniez votre chambre, ma Dame. Vous ne voudriez pas être en retard pour le repas... »  Et je ne pouvais rester seul avec une lady alors que le soleil se couchait. « Je vous transmettrai la missive à faire passer avant votre départ. »

Le repas serait pris dans la grande salle, une réunion des lords du Conflans afin de célébrer la libération de Vivesaigues du siège qu'elle venait de subir... Une Nordienne de plus ne paraîtrait pas étrange dans ces circonstances.
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(#) Dim 19 Aoû 2018 - 11:05
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Le Roi, avait il ressenti l'espace d'un instant, son doute et ses peurs. Elle ne saurait le dire, mais le discours s'en suit la rassura avec douceur. Il loua sa volonté, Robb la compara avec son arbre familial, ces quelques mots discrets et formels, remontèrent le moral de la jeune Forrester. Que la décision soit prise, et reste ainsi. Alienor devait prendre cette voix pour leur salut à tous. Elle observa la silhouette athlétique du Stark, Seigneur dans sa splendeur et souverain dans la Guerre.

Il remarqua que le jour avait décliné, et invita la jeune femme à se retirer dans sa chambre. Alienor, ne s'était pas rendue compte de la longueur de leur échange. Il y avait tant à dire, et si peu de temps. Si seulement les deux nordiens pouvaient demeurer ensemble dans cette pièce, pour discuter, échanger et tant encore. Cela lui rappelait les longues après midi d'hiver, où l'on passait du temps près du feu, à raconter histoires et légendes. A jouer aux cartes, ou bien aux dés. Des loisirs pour l'esprit et apaiser le coeur.

Alienor reprit sa fourrure, ne souhaitant arpenter les couloirs glaciales sans protection contre le froid. Un banquet en cette occasion était utile pour le moral des troupes, Elle s'approcha du Roi, et s'inclina avec respect et protocole.

- Merci pour cette entrevue Monseigneur, et pour votre Confiance. J'attendrais de vos nouvelles, Alienor se retient d'ajouter " avec impatience " Elle n'était pas vraiment conquise par l'idée de rejoindre les guerriers, elle qui n'avait participer à aucune bataille, et songer peut être à rester dans sa chambre. Le sommeil lui ferait le plus grand des biens. Elle jeta un regard au Roi, et quitta la pièce dans un silence et partit arpenter les corridors gelés de la demeure des Tully.
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(#) Dim 19 Aoû 2018 - 20:57
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Notre entrevue n'avait que trop duré. Y ajouter ferait poser des questions à tous les seigneurs présents, si ce n'était pas déjà le cas, et la discrétion était de mise. Mes quelques mots, que je trouvais risibles comparés au danger que courait Alienor, semblèrent avoir un certain effet. J'en étais le premier surpris. Si seulement des mots suffisaient à me rassurer, moi.

Je m'inclinai légèrement vers elle, laissant mon regard lui dire ce que mes lèvres ne pouvaient avouer, un remerciement, une supplique pour qu'elle parvienne rapidement à mener à bien sa mission, et un avertissement à la prudence.

« Que les Dieux vous accompagnent et tracent votre voie. Tout sera près avant l'aube. »  

Quand elle eut quitté la pièce je me laissai aller sur mon siège en soupirant. Le sort en était jeté. La dame risquerait sa vie, mais peut-être avais-je sous la main une solution pour évacuer les filles hors de la capitale.

Je repoussai le plateau de nourriture sur le côté et sortis de quoi écrire. Il fallait que l'entre en contact avec Winterfell, afin de prévenir Bran de ce qui se tramait sur nos terres, et afin de faire surveiller les scieries et terres Forrester en cas d'invasion Whitehill. Je devais bien cela à Alienor. J'espérais qu'elle me fournisse les documents mentionnant les possiles traîtres, même si je n'étais pas enthousiaste à l'idée que quiconque fasse partie de ce lot dans mon entourage direct... .

La deuxième lettre, à Sansa, serait plus complexe à rédiger s je voulais reste un peu circonspect. Et il faudrait me préparer pour le banquet et sourire à ceux qui semaient le trouble dans le Nord... Je ne m'en réjouissais pas.  



HRP: Merci pour ce rp! C'était un vrai plaisir de jouer avec toi. J'espère que nous aurons l'occasion d'en faire un autre, ou de nous parler par corbeaux interposés.
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(#) Dim 19 Aoû 2018 - 21:27
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HRP : C'est moi qui te remercie. C'était absolument excellent et je suis très enthousiaste pour la suite de nos aventures et échanges. D'avoir pu construire une intrigue secondaire et une potentielle relation c'est extra.!
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